La Pessa’h, ou Pâque juive, célèbre la libération de l’Égypte. Fête millénaire, riche en rites et symboles, elle prévoit de la nourriture et des règles spécifiques afin de rappeler l’Exode et la libération du peuple juif.
Index
- 1
- 2 Que fête-on lors de l’ancienne fête juive de Pâque ?
- 3 Quel est le symbole de la Pâque juive ?
- 4 Que signifie l’œuf cuit dur dans la Pâque juive ?
- 5 Quels sont les éléments principaux de la Pâque juive ?
- 6 Que ne peut-on pas faire pendant la Pâque juive ?
- 7 Que ne peut-on pas manger pendant la Pâque juive ?
- 8 Quand se déroule la Pâque juive ?
- 9 Quels sont les rites les plus importants de la Pâque juive ?
- 10 Que mange-t-on pour la Pessa’h ?
La Pessa’h, également connue comme Pâque juive, représente l’une des célébrations les plus anciennes et les plus importantes de la tradition juive. Cette fête millénaire referme en elle une profonde signification historique et spirituelle, car elle commémore un des événements les plus importants de l’histoire du peuple juif : la libération de l’esclavage en Égypte et l’exode vers la Terre Promise. Pâque représente une des festivités fondamentales pour le Christianisme aussi, mais les deux célébrations, bien qu’historiquement liées, présentent des différences importantes dans leur signification, dans leurs pratiques rituelles et dans leur observance. La Pâque juive symbolise le passage de l’esclavage à la liberté et le rôle de Dieu comme libérateur de son peuple, tandis que la Pâque chrétienne célèbre la résurrection de Jésus Christ après Sa Crucifixion, la victoire sur la mort et l’accomplissement de la promesse de salut divin. Les deux épisodes restent toutefois profondément liés, puisque les événements de la Passion, mort et résurrection de Jésus se sont déroulé pendant la période de la Pâque juive. Par conséquent, la Pâque chrétienne s’est historiquement développée à partir de la Pessa’h et en a conservé certains rites, même si en leur attribuant des significations différentes.

Les différences entre judaïsme et christianisme
Essayons de découvrir ensemble qu’est-ce qui divise (et qui unit) deux des religions les plus répandues au monde.
Pensons par exemple à la nourriture consommée pendant les célébrations de Pâques. Dans la Pessa’h, l’agneau pascal représente l’agneau que Dieu ordonna à Moïse de sacrifier, afin que l’on puisse marquer de son sang les chambranles des portes des maisons juives et sauver ainsi les fils aînés du passage de l’Ange de la Morte. D’ici naquit la tradition du Korban Pessa’h, l’offrande pascale qui était offerte au Temple de Jérusalem. L’œuf, comme nous le verrons, représente le Korban Chagigah, le sacrifice festif qui était offert au Temple pendant les pèlerinages des trois fêtes principales (Pessa’h, Chavouot et Souccot), et sa forme arrondie symbolisait le cycle continue de la vie, de la mort et de la renaissance. Dans la religion chrétienne aussi l’agneau et l’œuf se trouvent parmi les principaux symboles de Pâques, mais avec des significations différentes : l’agneau est Jésus Christ, qui s’est sacrifié pour tous les hommes, en lavant le péché originel avec son sang béni et en consacrant la promesse de salut avec Son corps, tandis que l’œuf est symbole de Résurrection et de nouvelle vie.

Le symbole de l’Agneau à Pâques
Pâques approche avec son lot de suggestions solennelles et de symboles chargés de spiritualité.
Découvrons les principaux rites et symboles de la Pâque juive.
Que fête-on lors de l’ancienne fête juive de Pâque ?
Comme nous l’avons déjà vu, la Pessa’h célèbre la libération du peuple juif de l’esclavage en Égypte, comme raconté dans le livre de l’Exode. Selon la tradition, après les dix plaies envoyées par Dieu, le Pharaon permit enfin aux juifs de quitter l’Égypte sous le guide de Moïse. Le nom Pessa’h dérive du verbe juif qui signifie « passer outre » et fait référence à l’ange de la mort qui passa au-delà des maisons des juifs lors de la dernière plaie, en épargnant les fils aînés grâce au sang de l’agneau étalé sur les chambranles des portes.
Quel est le symbole de la Pâque juive ?
Le symbole principal de la Pessa’h est le pain azyme (matsa), un pain non levé qui rappelle celui préparé en hâte par les juifs avant de quitter l’Égypte. Ce pain simple et fin symbolise l’humilité et la liberté. Selon la tradition, les juifs le consommèrent ainsi car ils n’eurent pas le temps pour le faire lever avant de prendre la fuite. Pour cette raison, pendant la Pâque juive, on évite le pain levé pendant une semaine entière. La célébration commence la nuit entre le 14 et le 15 de Nisan, suivie de sept jours qui, autrefois, coïncidaient avec la Fête des Pains Azymes, liée à la récolte de l’orge.

Pain azyme : à la découverte de traditions et recettes anciennes
Le pain azyme a toujours eu une importance symbolique très forte dans la culture juive et, par la suite, dans la culture chrétienne.
Que signifie l’œuf cuit dur dans la Pâque juive ?
Nous avons déjà mentionné aussi l’œuf cuit dur (beitsa), qui représente le sacrifice festif qui était offert au Temple de Jérusalem. L’œuf est aussi un symbole universel de vie et de renaissance, et sa forme circulaire représente le cycle continue de l’existence. Le fait qu’il soit cuit jusqu’à devenir dur symbolise la résilience du peuple juif à travers les difficultés.

L’épisode des changeurs chassés du Temple de Jérusalem
L’épisode des changeurs chassés du Temple de Jérusalem représente un acte de rébellion de Jésus vis-à-vis d’une tradition…
Quels sont les éléments principaux de la Pâque juive ?
Les éléments centraux de la Pessa’h incluent le Séder de Pessa’h, le banquet rituel de Pâque, riche en significations symboliques. Pendant le Séder, la table est apprêtée avec une nappe blanche, des chandeliers, une patte d’agneau, des herbes amères, un œuf cuit dur, des légumes amers dans de l’eau salée (symbole des larmes de l’esclavage) et trois pains azymes. Pendant le repas, on lit la Haggadah de Pessa’h, le texte qui raconte l’histoire de l’Exode. La Haggadah est un des textes les plus significatifs et les plus aimés de la tradition juive, dont le nom dérive de la racine juive lehagid, qui signifie « raconter » ou « narrer ». Ce texte sacré s’est développé graduellement autour de la période talmudique (200-500 apr. J.-C.). Son but principal répond au commandement biblique de raconter à ses enfants l’histoire de l’Exode de l’Égypte, comme écrit dans le livre homonyme : « Tu diras alors à ton fils : C’est en mémoire de ce que l’Éternel a fait pour moi, lorsque je suis sorti d’Égypte » (Exode 13,8). La Haggadah suit une structure précise qui guide les participants à travers les différentes phases du Séder. Le texte est organisé en quinze sections principales, appelées simanim (signes).
Que ne peut-on pas faire pendant la Pâque juive ?
Pendant la Pessa’h, il est interdit de posséder et de consommer tout hametz, i.e. tout aliment levé ou fermenté. Afin de respecter cette règle, avant Pessa’h, on procède à un nettoyage approfondi de la maison afin d’éliminer toute trace de hametz. Le premier et le dernier jour de Pessa’h (ou les premiers et les derniers deux jours, dans la tradition de la diaspora) sont considérés comme des jours fériés, pendant lesquels il est interdit de travailler, allumer des feux ou utiliser tout genre de dispositif.
Que ne peut-on pas manger pendant la Pâque juive ?
Comme déjà écrit, pendant la Pessa’h il est interdit de consommer toute nourriture contenant de la levure ou des farines fermentantes, comme pain, pâtes, bière et d’autres produits fermentés à base de blé, orge, seigle, avoine ou épeautre. Certaines communautés ashkénazes évitent également les kitniyot, qui incluent riz, maïs, légumineuses et graines.
Quand se déroule la Pâque juive ?
La Pessa’h est célébrée pendant le mois juif de Nissan, généralement entre mars et avril du calendrier grégorien. La fête dure huit jour dans la diaspora et sept en Israël et elle débute le soir du 14ème jour de Nissan avec le premier Séder. La date exacte est déterminée en fonction du calendrier juif, qui suit les phases lunaires. Elle tombe le 15ème jour de Nissan, correspondant à la première pleine lune après l’équinoxe de printemps. Dans le calendrier grégorien, la date peut varier du 26 mars au 25 avril. En 2021, par exemple, la Pessa’h a été célébrée du 27 mars au 4 avril.

Comment calcule-t-on la date de Pâques ?
Chaque année sa date change, mais elle reste la fête la plus importante : dans cet article vous découvrirez comme on calcule…
Quels sont les rites les plus importants de la Pâque juive ?
Pendant le Séder, on suit un ordre précis de rituels qui incluent la lecture de la Haggadah, la consommation de nourriture symbolique, la récitation des quatre questions de la part de l’enfant le plus jeune de l’assemblée, et la recherche de l’afikomane, un morceau de matsa caché, que les enfants doivent trouver. Pendant le Séder, les participants boivent quatre verres de vin, qui représentent les quatre promesses de rédemption faites par Dieu aux Israélites. On prépare également un verre spécial pour le prophète Élie, qui, selon la tradition, rend visite pendant le repas. Le Séder se conclut avec des chansons chorales traditionnelles en juif, appelées piyyutim, qui sont transmises de génération en génération. Le premier jour de Pessa’h, c’est la Fête des Premiers-nés, qui rappelle comment les premiers-nés juifs furent épargnés lors de la dernière plaie d’Égypte.
Que mange-t-on pour la Pessa’h ?
Sur la table du Séder, on trouve des éléments symboliques comme le maror (des herbes amères qui rappellent l’amertume de l’esclavage), le harosset (une pâte de fruits et fruits secs qui symbolise le mortier utilisé par les juifs pour construire en Égypte) et le karpas (un légume vert, généralement du persil ou du céleri, symbole du printemps et de la renaissance). On consomme des plats spécifiques qui respectent les règles de la cacherout et dépourvus de hametz. En plus de la matsa, on consomme des plats traditionnels comme le bouillon de poulet avec les kneidleh (des boulettes de farine de matsa), viandes et poissons casher, légumes, fruits et desserts préparés avec de la farine de matsa ou de la fécule de pommes de terre. Chaque élément du repas du Séder a une signification symbolique qui contribue à la narration de l’histoire de l’Exode.















