Auteur/autrice : Redazione

Quelle est la différence entre Vénération, Dévotion et Adoration ?

Quelle est la différence entre Vénération, Dévotion et Adoration ?

VĂ©nĂ©ration La VĂ©nĂ©ration, dans le contexte religieux, est l’acte d’honorer Dieu, la Sainte Vierge, un Saint, un ange, ou mĂȘme un objet sacrĂ©, comme une relique. La VĂ©nĂ©ration s’adresse surtout aux images sacrĂ©es, aux saints e\t aux anges en tant que serviteurs et fidĂšles de…

La consĂ©cration du SacrĂ© CƓur de JĂ©sus

La consĂ©cration du SacrĂ© CƓur de JĂ©sus

L’adoration du SacrĂ© CƓur de JĂ©sus a pour les chrĂ©tiens une double signification : d’une part elle honore le cƓur de JĂ©sus en tant que symbole de son humanitĂ©, de son devenir d’homme et de son sacrifice pour nous tous ; d’autre part elle y reconnaĂźt…

Le jour oĂč le TrĂšs Saint Sacrement arriva dans l’espace

Le jour oĂč le TrĂšs Saint Sacrement arriva dans l’espace

Percevoir la prĂ©sence de Dieu lors qu’on est immergĂ© dans un contexte naturel particuliĂšrement majestueux et beau est quelque chose qui unit pratiquement tous les croyants, depuis toujours. En effet, comment pourrions-nous rester insensibles en contemplant la magnificence du ciel parcouru de vaisseaux vaporeux faits de nuages ou pointillĂ© d’étoiles scintillantes ? Comment pourrions-nous ne pas penser Ă  l’infinie sagesse et gĂ©nĂ©rositĂ© de Celui qui a créé une forĂȘt sĂ©culaire avec des arbres Ă©lancĂ©s comme des piliers Ă©rigĂ©s pour soutenir le ciel, un sous-bois frĂ©missant de vie, florissant de fougĂšres et regorgeant de petits animaux ? Ou encore, l’étendue de la mer, son mouvement Ă©ternel et inĂ©gal, sa furie effrayante quand les vents gonflent les ondes en bouleversant les fonds de la mer et en dĂ©vorant la cĂŽte. D’oĂč vient une telle force, une telle indomptable violence ? Qui peut l’apaiser ?

Depuis toujours l’humanitĂ© assiste impuissante et emplie d’émerveillement Ă  l’incomparable spectacle de la nature, depuis toujours elle ne peut s’empĂȘcher de lire en elle la certitude que quelque chose ou quelqu’un de supĂ©rieur existe, et que Ă  cette prĂ©sence surnaturelle et Ă©ternelle l’homme doit toute la terrible beautĂ© qui l’entoure. Pour les chrĂ©tiens, bien Ă©videmment, tout cela ramĂšne Ă  Dieu, PĂšre Omnipuissant, crĂ©ateur du ciel et de la terre et de tout ce qui existe entre ces deux sphĂšres, y compris les hommes.

Comment ne pas comprendre donc l’émotion intense et incomparable de ceux qui ont la chance et la possibilitĂ© de pouvoir admirer notre planĂšte entiĂšre depuis une position dĂ©cidemment privilĂ©giĂ©e, autrement dit l’espace ?

Nous parlons bien Ă©videmment des astronautes, des hommes et des femmes courageux et capables engagĂ©s pour des missions dans l’espace qui les amĂšnent Ă  se retrouver pendant des pĂ©riodes plus ou moins longues Ă  une distance de la Terre qui est inimaginable pour le commun des mortels et surement dans des conditions de vie du moins anormales. Pourtant, malgrĂ© l’éloignement de leur existence ordinaire, de leurs familles, de leurs habitudes, et peut-ĂȘtre justement en vertu d’une sorte de suspension de la vie « terrestre », immergĂ©s dans un contexte qui n’a pas d’égal et depuis lequel il peuvent contempler la plĂ©nitude de la crĂ©ation dans le sens le plus authentique du terme, ces hommes et ces femmes perçoivent avec davantage d’intensitĂ© la prĂ©sence de Dieu Ă  leurs cĂŽtĂ©s.

Michael S. Hopkins: « Jésus était avec moi! »

Mais comment vivent leur foi les astronautes catholiques en orbite? Comment peuvent-ils supplĂ©er Ă  l’absence du TrĂšs Saint Sacrement pendant des pĂ©riodes parfois trĂšs longues ?

Chacun selon ses moyens, naturellement. Il est vrai qu’il n’y a pas moyens pour eux de participer Ă  la messe et de recevoir la communion, mais il n’existe aucun empĂȘchement qui les priverait de la possibilitĂ© de prier, seuls ou ensemble. C’est le cas pour Sid Gutierrez, Thomas Jones et Kevin Chilton, trois astronautes en mission sur la navette spatial Endeavour en voyage autour de la Terre pour Ă©tudier les changements climatiques en avril 1994 : non seulement ils priaient ensemble, mais ils cĂ©lĂ©brĂšrent une liturgique catholique avec l’Eucharistie Ă  bord de leur Space Shuttle.

Mais dĂ©jĂ  en 1968, l’équipage de l’Apollo 8 en orbite autour de la Lune avait lancĂ© un message important aux chrĂ©tiens restĂ©s sur Terre en lisant en directe tĂ©lĂ©visĂ©e des extraits de la GenĂšse.

Buzz Aldrin aussi, le deuxiĂšme homme Ă  avoir poser ses pieds sur la Lune lors de la mission Apollo 11, voulut cĂ©lĂ©brer l’Eucharistie sur le satellite d’argent en utilisant une valise-chapelle avec le TrĂšs Saint Sacrement grĂące Ă  un permis spĂ©cial de l’Église presbytĂ©rienne.

Un cas plus rĂ©cent est celui de Michael S. Hopkins, astronaute et colonel de la U.S. Air Force. Sa mission a dĂ©butĂ© en septembre 2013 : 24 semaines Ă  bord de la Station Spatiale Internationale. Peu avant son dĂ©part, l’astronaute s’était converti au christianisme et avait portĂ© Ă  terme le parcours de catĂ©chĂšse. C’est peut-ĂȘtre la fraĂźcheur de sa nouvelle foi Ă  lui rendre intolĂ©rable l’idĂ©e de renoncer pendant une pĂ©riode si longue Ă  recevoir le Corps de Christ. Ainsi, avec l’intercession de son prĂȘtre et un permis spĂ©cial de la part de l’ArchidiocĂšse de Galveston-Houston, il fut permis Ă  l’astronaute d’amener un ciboire dans l’espace, contenant six hosties consacrĂ©es, chacune divisĂ©e en quatre parties : le nĂ©cessaire donc pour pouvoir recevoir le TrĂšs Saint Sacrement une fois par semaine tout au long de sa mission. En outre, le prĂȘtre zĂ©lĂ© s’était Ă©galement chargĂ© de lui faire parvenir chaque semaine par e-mail l’homĂ©lie afin de rendre encore plus complĂšte et rĂ©confortante son expĂ©rience de foi.

Mais comment prie-t-on dans l’espace ?

La Station Spatiale Internationale est Ă©quipĂ©e d’un module d’observation particulier et unique, appelĂ© la Cupola (coupole). La Cupola est une demi-sphĂšre de trois mĂštres de diamĂštre avec six fenĂȘtres latĂ©rales et une fenĂȘtre dans la partie supĂ©rieure. Depuis ces fenĂȘtres les astronautes profitent d’une vue trĂšs vaste et tout Ă  fait privilĂ©giĂ©e sur l’extĂ©rieur, ce qui comporte de nombreux avantages. Tout d’abord, depuis la Cupola il est possible de suivre les manƓuvres des collĂšgues au travail Ă  l’extĂ©rieur de la Station, tout comme les mouvements du bras mĂ©canique et les opĂ©rations d’accostage.

Mais ce qui rend la Cupola vraiment spĂ©ciale d’un point de vue exquisĂ©ment humain et psychologique est que depuis cet endroit on peut voir la Terre. Pour nous, habituĂ©s aux films de science-fiction, cela peut sembler banal, mais essayons de nous mettre Ă  la place de ces hommes et de ces femmes qui sont Ă  des milliers de kilomĂštres de chez eux, Ă  l’effet que cela doit leur faire de voir leur planĂšte recouverte de bleu, suspendue dans le vide cosmique comme un des nombreux autres corps cĂ©lestes. Ce n’est donc pas un hasard si beaucoup d’astronautes catholiques choisissent la Cupola pour y prier, comme le documentent de nombreuses photos prisent au cours de diffĂ©rentes missions. C’est quand on comprend de maniĂšre plus intense et palpable notre fragilitĂ©, n’ĂȘtre rien en comparaison avec l’immensitĂ© de la crĂ©ation, que nous nous apercevons de la prĂ©sence de Dieu Ă  nos cĂŽtĂ©s, Son Amour infini qui nous enveloppe, qui nous rĂ©conforte, qui nous protĂšge. Et tout semble d’un coup encore plus beau et plus prĂ©cieux, encore plus inestimable, puisqu’Il est avec nous, mĂȘme quand nous sommes si loin de chez nous, perdus dans un abĂźme dissĂ©minĂ© d’étoiles qui nous tourne autour, indiffĂ©rent, Ă©ternel. On peut donc comprendre aisĂ©ment la stupeur, la rĂ©vĂ©rence et l’amour que doivent ressentir les astronautes de la Station Spatiale Internationale quand, au-delĂ  des vitraux de la Cupola, ils contemplent l’espace profond, recueillis en priĂšre.

Le tĂ©moignage de Thomas D. Jones, citĂ© ci-dessus, est significatif aussi. Dans son livre autobiographique, Jones Ă©crit entre autres : « Tous les soirs, avant d’aller coucher, je remerciais Dieu pour ces merveilleuses vues sur la Terre et pour la rĂ©ussite de notre mission. Je priais sans arrĂȘt pour la sĂ©curitĂ© de notre Ă©quipe et afin que tout puisse se terminer avec une heureuse rencontre avec nos familles. » Lors de cette mission aussi, il avait Ă©tĂ© permis aux astronautes d’amener avec eux des hosties, qui Ă©taient distribuĂ©es par l’un d’eux, dĂ©signĂ© comme ministre extraordinaire de l’Eucharistie.

« Kevin partagea le Corps de Christ avec Sid et moi et on flotta dans la cabine en vol, en rĂ©flĂ©chissant en silence dans ce moment de paix et de vĂ©ritable communion avec Christ », Ă©crit encore Jones, puis il continue : « Pendant que nous mĂ©ditions tranquillement dans l’obscuritĂ© de la cabine, une magnifique lumiĂšre blanche surgit de l’espace en entrant dans la cabine. La lumiĂšre radiante du soleil pĂ©nĂ©trait Ă  travers les fenĂȘtres antĂ©rieures de l’Endeavour, en infusant de la chaleur. Quel autre signe aurions-nous put demander si pas celui-là ? C’était la douce affirmation de la part de Dieu de notre union avec Lui ».

Le livre de Thomas D. Jones dĂ©passe l’intĂ©rĂȘt scientifique afin de nous offrir un tĂ©moignage de grande humanitĂ© et foi. À travers ses yeux, le bleu de la Terre vu de l’espace devient celui de la cape de la Sainte Vierge et nous ne pouvons pas rester insensibles Ă  la profonde Ă©motion qui transpire de ses mots quand il dĂ©crit les couleurs de notre planĂšte vues comme impossibles Ă  retrouver dans le tableau de n’importe quel peintre au monde. Encore une fois, la conscience de notre petitesse par rapport Ă  la crĂ©ation de Dieu Ă©merge du rĂ©cit de ceux qui ont eu la chance de pouvoir profiter d’un point de vue unique et privilĂ©giĂ©. Un autre don de Dieu Ă  ses fils bien-aimĂ©s, une autre promesse de beautĂ© et d’amour qu’Il a voulu concĂ©der aux hommes.

CuriositĂ©s sur le mariage : comment fĂȘte-on le mariage dans le monde

CuriositĂ©s sur le mariage : comment fĂȘte-on le mariage dans le monde

Il vous est dĂ©jĂ  arrivĂ© de vous demander comment fĂȘte-t-on le mariage dans le reste du monde ? Certes, dans notre pays il y a des coutumes qui trouvent leurs racines dans les siĂšcles passĂ©s, mais il serait tout de mĂȘme intĂ©ressant de dĂ©couvrir les…

Hosties pour cƓliaques : un peu de clartĂ©

Hosties pour cƓliaques : un peu de clartĂ©

Le monde moderne a la capacitĂ© de tout mettre en discussion. Des traditions sĂ©culaires, des gestes rĂ©pĂ©tĂ©s pedant des millĂ©naires, par d’innombrables gĂ©nĂ©rations d’hommes, mĂȘme des rituels codifiĂ©s dans le temps et restĂ©s invariĂ©s depuis toujours demandent Ă  ĂȘtre modifiĂ©s, ajustĂ©s aux nĂ©cessitĂ©s des hommes…

Les saints et les saintes qui ont changé le monde

Les saints et les saintes qui ont changé le monde

L’Histoire de l’Europe et de l’Occident comme nous le connaissons passe Ă  travers une sĂ©rie continue de subversions politiques, de profonds changements sociaux, de rĂ©volutions Ă©conomiques et idĂ©ologiques. L’étude de tous ces phĂ©nomĂšnes est Ă  la base de la comprĂ©hension historique et devrait Ă©galement ĂȘtre le cƓur et le moteur de notre conscience d’ĂȘtre les habitants d’une portion de monde qui s’est dĂ©finie au cours des siĂšcles, en Ă©voluant et en se transformant en vertu de la pensĂ©e et des actions des hommes qui l’ont peuplĂ©e.

Dans cette vision historique, mais surtout dans cette prise de conscience des hommes d’aujourd’hui concernant ceux qui sont venus avant eux et qui ont dĂ©fini les rĂšgles du monde dans lequel nous vivons, il ne peut surement pas manquer une rĂ©flexion sur une sĂ©rie de figures de saints et de saintes qui ont laissĂ© une profonde empreinte non seulement dans les questions strictement liĂ©es Ă  l’Église et Ă  la foi, mais aussi dans l’histoire de la pensĂ©e, dans l’évolution de la sociĂ©tĂ©, dans les Ă©vĂ©nements politiques, Ă©conomiques et humains. Il s’agit d’hommes et de femmes avec une force spirituelle surprenante, d’une foi inĂ©branlable, et qui, au nom de cette foi, ont sacrifiĂ© leur propre existence, en renonçant Ă  toute autre chose, en se pliant uniquement Ă  la volontĂ© de Dieu, au bien des frĂšres. Pourtant, en voulant dresser une liste de ces magnifiques personnalitĂ©s, de ces modĂšles de comportement humain, civile et religieux, nous ne pouvons pas nous attarder uniquement sur les martyres, sur ceux qui ont dĂ©diĂ© leur propre vie Ă  la foi.

Nous devrions nous attarder en particulier sur les forces spirituelles et les personnalitĂ©s charismatiques qui ont contribuĂ© Ă  la christianisation de l’Europe et Ă  la naissance de la sociĂ©tĂ© occidentale. Les saints et les saintes qui ont fait du Christianisme quelque chose de vivant et de concret, qui dĂ©passe le concept abstrait de religion ou de philosophie. Au nom d’un Dieu devenu homme, ils ont pris les armes de l’Amour et de la CharitĂ©, en en faisant des instruments d’une rĂ©volution spirituelle et humaine profonde, bouleversante, comme il est typique de toute rĂ©volution. En se manifestant sous forme de crĂ©ation de nouvelles façons de concevoir le monachisme, ou d’entrer en relation avec la pauvretĂ© et avec les derniers parmi les derniers, ou encore de traduire les messages du Saint Esprit, en les rendant comprĂ©hensibles et acceptables pour tous, ces rĂ©volutions ont permis Ă  ces hommes et Ă  ces femmes de regrouper des populations diffĂ©rentes, variĂ©es, dĂ©connectĂ©es, et de les unir sous les auspices d’une seule croyance, d’une seule foi, d’une seule conception de Dieu et de la religion catholique. Leur modĂšle de vie et leur exemple ont relevĂ© l’humanitĂ© de la misĂšre que des siĂšcles de guerres, d’invasions et de dĂ©cadence avaient mis Ă  dur Ă©preuve. GrĂące Ă  eux, le Christianisme a assumĂ© le rĂŽle et l’immense valeur d’un phare resplendissant Ă©rigĂ© pour Ă©clairer des siĂšcles d’obscuritĂ© et d’incertitude.

Et aujourd’hui ? Aujourd’hui, plus que jamais, notre monde a besoin de saintetĂ© dans la dĂ©cadence renouvelĂ©e des coutumes et des valeurs dans laquelle se trouve tout le genre humain, dans les paradoxes incontestables dĂ©sormais Ă©levĂ©s au rang de la normalitĂ©, universellement donnĂ©s pour acquis. Dans une Ă©poque dominĂ©e par le progrĂšs, par la philosophie du profit Ă  tout prix, on sent le manque de figures d’hommes et de femmes capables de remettre tout en discussion, Ă  partir de leur personne, et de bouleverser le monde avec leur capacitĂ© d’aller au-delĂ , de s’ériger au-dessus du marasme, du chaos, de la rapiditĂ© vertigineuse, pour nous obliger Ă  rĂ©flĂ©chir, Ă  penser, Ă  aimer, et pour montrer Ă  tous les autres ce qui est encore possible.

Nous souhaitons rĂ©diger une liste de saints et de saintes qui ont changĂ© le monde et qui, pour cela , suivirent l’exemple prĂ©sentĂ© par Marina Motta, sƓur et Ă©rudite, dans le livre « Europe charismatique. Comment les saints ont rĂ©volutionnĂ© l’histoire de l’Occident » (titre original : « Carismatica Europa. Come i santi hanno rivoluzionato la storia dell’Occidente », livre Ă©ditĂ© par CittĂ  Nuova). Dans ce livre, l’autrice prĂ©sente une galerie de portrait d’hommes et de femmes surprenants par leur autoritĂ© morale, leur force spirituelle et par l’impact que leurs choix et leurs actions ont eu sur la naissance de l’Europe et de la civilisation occidentale. L’érudite prend ainsi en exemples Saints Cyrille et MĂ©thode, deux frĂšres dĂ©vots et savants, qui ont fourni un point de rencontre entre Orient et Occident, en amenant l’évangĂ©lisation aux peuples slaves ; Saint BenoĂźt de Nursie, crĂ©ateur d’une nouvelle façon de dĂ©dier sa vie Ă  Dieu avec sa RĂšgle ; Saint François et Sainte Claire, qui ont amenĂ© les hommes d’église parmi le peuple afin d’y pratiquer la charitĂ©. Mais il y a aussi les mystiques qui ont Ă©crit ce que le Saint Esprit leur suggĂ©rait, comme Hildegarde de Bingen, les jĂ©suites qui avec leur activitĂ© de missionnaires ont rĂ©pandu le message Ă©vangĂ©lique dans le monde entier, et ainsi de suite. Pas seulement des hommes et des femmes en tant qu’individus donc, mais aussi des mouvements et des ordres religieux qui ont façonnĂ© la culture et la sociĂ©tĂ©, influencĂ© la politique, redirigĂ© l’histoire, forts de leur propre foi, de leur convictions et de leurs incroyable charge humaine et spirituelle.

croce san benedetto incrustation de prestige
Croix de St. BenoĂźt

Saint BenoĂźt (480-547)

Fondateur de l’ordre des BĂ©nĂ©dictins et considĂ©rĂ© comme le pĂšre du monachisme occidental, il fut l’initiateur d’une nouvelle conception de la vie monastique. Son amour pour Dieu, son dĂ©sir de vivre dans Sa contemplation et Ă  Son service se traduisirent au dĂ©but par une expĂ©rience de vie Ă©rĂ©mitique, mais il fut bientĂŽt amenĂ© Ă  crĂ©er une communautĂ© d’hommes partageant la mĂȘme aspiration spirituelle, la charitĂ© fraternelle. De cette façon, il sut puiser dans l’hĂ©ritage de la tradition monastique et Ă©rĂ©mitique orientale, en y unissant les valeurs du monde latin, qui risquaient d’ĂȘtre perdues Ă  cause des invasions barbares et du dĂ©clin de l’Empire romain. De son exemple et en suivant sa RĂšgle, naquirent de nombreux centres de priĂšre, mais aussi de culture et d’assistance aux pauvres. Dans ces lieux, on pratiquait la priĂšre solitaire et communautaire, Ă  laquelle venait s’ajouter le travail pour le bien de la communautĂ©, dans un climat de joie et d’entraide. La solitude de l’ermite se transforma ainsi dans une communion d’hommes avec leurs intentions, leur force, leur foi, qui fournirent un exemple de grand impact et force pour toute l’humanitĂ© de l’époque et des siĂšcles Ă  suivre.

Saints Cyrille et Méthode

Cyrille et MĂ©thode Ă©taient deux frĂšres nĂ©s Ă  Thessalonique au dĂ©but du IX siĂšcle. Par ordre du Patriarche de Constantinople, ils partirent pour Ă©vangĂ©liser les peuples de la Pannonie et de la Moravie, en traduisant les Saintes Écritures en glagotique, un dialecte créé exprĂšs par les deux frĂšres afin de les rendre comprĂ©hensibles Ă  tous les peuples slaves. De cette maniĂšre, ils offrirent la possibilitĂ© aux populations auprĂšs desquelles ils accomplissaient leur Ɠuvre d’évangĂ©lisation de comprendre et de s’approprier de la Parole de Dieu. Leur mission et leur sacrifice créÚrent un pont entre Orient et Occident destiner Ă  se renforcer au cours des siĂšcles.

Saint Dominique (1170-1221)

Saint Dominique de Guzman fut un religieux espagnol, fondateur de l’Ordre des frĂšres PrĂȘcheurs. Il professa un style de vie vouĂ© Ă  la priĂšre, Ă  l’étude, Ă  la charitĂ© et Ă  la pauvretĂ©, et fit don de tous ses biens, y compris les livres auxquels il Ă©tait particuliĂšrement attachĂ© en tant que savant, afin d’aider les pauvres qui mourraient de faim. Son zĂšle apostolique et son esprit de sacrifice se manifestĂšrent surtout dans sa façon de s’ériger contre les hĂ©rĂ©sies cathare et vaudois. Nombreux furent les hĂ©rĂ©tiques qu’il convertit.

saint francois
Saint François d’Assisi, debout Francesco Pinton 38 cm

François d’Assise (1181 ou 1182-1226)

Saint François d’Assisse sut prĂ©voir avec une incroyable prĂ©voyance et luciditĂ© ce qu’aurait Ă©tĂ© l’évolution de l’Église au cours des siĂšcles, la diffusion du message Ă©vangĂ©lique, la foi qui parcours les chemins du monde qui, Ă  son Ă©poque, Ă©tait petit, mais dont il percevait la grandeur, la variĂ©tĂ©. Son amour pour JĂ©sus et pour l’Église l’amena Ă  renoncer Ă  tout, en dĂ©diant sa vie Ă  la priĂšre, au travail, Ă  la prĂ©dication. VouĂ© Ă  la pauvretĂ©, il y souhaitait un retour pour l’Église entiĂšre, selon l’exemple de Christ et si d’un cĂŽtĂ© cela le rendit impopulaire aux yeux de certains de ses contemporains, de l’autre on s’aperçoit de la modernitĂ© exceptionnelle de sa pensĂ©e et de sa vision. Dans cette dimension de pauvretĂ© et de sacrifice, il voulut suivre la voie de JĂ©sus, qui savait reconnaĂźtre dans chaque frĂšre souffrant et nĂ©cessiteux. Son message d’amour et de fraternitĂ© est arrivĂ© jusqu’à nous avec une intensitĂ© et une clartĂ© surprenantes. Nous lui devons la fondation des ordres mendiants, qui partagent le vƓux de pauvretĂ© et la pratique de la rĂ©colte des aumĂŽnes comme seule et unique forme de subsistance.

Claire d’Assise
Statue bois Sainte Claire avec ostensoir peinte

Claire d’Assise (1193-1253)

Disciple de François, elle en suivit l’exemple, en renonçant Ă  une vie confortable et heureuse afin de se sacrifier au nom d’un idĂ©al de pauvretĂ© et de service aux malades et aux nĂ©cessiteux. Sa conviction en ce sens fut tellement inĂ©branlable, malgrĂ© les nombreuses tentatives de la ramener Ă  un style de vie plus adĂ©quat Ă  une jeune femme, qu’à la fin elle obtint du Pape le privilegium paupertatis, c’est-Ă -dire la facultĂ© de pouvoir choisir de ne possĂ©der aucune propriĂ©tĂ©. Sur cette imposition auto-induite Claire Ă©crit sa RĂšgle et elle fut la premiĂšre femme Ă  accomplir un tel exploit. Sa RĂšgle fut Ă©galement garantie Ă  ses camarades, mais pas aux sƓurs qui virent ensuite. Elle reprĂ©sente toutefois un prĂ©cĂ©dent de remarquable impact social et philosophique.

Hildegarde de Bingen
Chapelet de dévotion de Sainte Brigitte

Hildegarde de Bingen (1098-1179)

Une autre femme qui reprĂ©senta une figure de proue pour la spiritualitĂ© mĂ©diĂ©vale fut Hildegarde de Bingen, mystique et thĂ©ologienne, savante et femme d’une immense connaissance. Elle transcrit ses nombreuses visions, au dĂ©but sous forme de notes et ensuite de nombreux livres. Mais elle ne se limita pas Ă  devenir un instrument du Saint Esprit, « trompette de Dieu », comme elle se dĂ©finissait par elle-mĂȘme. Elle nous laissa de nombreux textes de thĂ©ologie, philosophie, morale, hagiographie, science, mĂ©decin, cosmologie. Elle fut aussi une poĂ©tesse dĂ©licate et une musicienne d’une grande sensibilitĂ©. De nombreuses personnalitĂ©s de l’époque, culturelles, mais aussi politiques, s’adressĂšrent Ă  elle pour demander conseil, et avec beaucoup d’entre eux Hildegarde entretint un dense Ă©change Ă©pistolaire. Une femme d’une grande envergure et charisme, qui laissa une empreinte indĂ©lĂ©bile dans l’évolution de l’Église et du savoir, mais aussi dans l’histoire de son temps.

Sainte Brigitte de SuĂšde (1303-1373)

Sainte Brigitte, religieuse et mystique suĂ©doise, fondatrice de l’Ordre du TrĂšs Saint Sauveur, est, ensemble avec Sainte Catherine de Sienne et Sainte ThĂ©rĂšse-BĂ©nĂ©dicte de la Croix, une des saintes patronnes de l’Europe. Mystique et porte-parole de Dieu, vouĂ©e Ă  l’ascĂ©tisme et Ă  la vie contemplative, elle reçut de nombreuses rĂ©vĂ©lations de JĂ©sus, de la Vierge Marie et de certains saints et elle les dicta Ă  ses pĂšres spirituels. Elles concernaient souvent des Ă©vĂ©nements historiques contemporains ou futurs, et cela lui valut une rĂ©putation remarquable. À travers ses rĂ©vĂ©lations, souvent Sainte Brigitte condamnait les autoritĂ©s religieuses et politiques, en promouvant avec ferveur un retour Ă  une vie plus chrĂ©tienne. Sa prĂ©dication pour ramener Ă  nouveau la PapautĂ© d’Avignon Ă  Rome, son intention de rĂ©former l’Église en la reconduisant Ă  une majeure intĂ©gritĂ© et moralitĂ©, la rendirent une figure moderne, de grande force et envergure.

Sainte Catherine de Sienne
Sainte Catherine 160 cm fibre de verre colorée

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

Religieuse, thĂ©ologienne, philosophe et mystique, Sainte Catherine partagea son existence entre le service aux pauvres et aux malades, un authentique moyen selon elle pour trouver Dieu, et l’activitĂ© de savante, qui se concrĂ©tisa avec une intense correspondance adressĂ©e au Pape et aux autres puissants de son temps, dans la rĂ©daction des Oraisons et du « Dialogue, TraitĂ© de la Divine Providence », un des chefs d’Ɠuvre de la littĂ©rature mystique mĂ©diĂ©vale. Cela rĂ©sulte encore plus surprenant si l’on tient compte qu’elle n’avait aucune culture. VouĂ©e depuis sa jeunesse Ă  une vie ascĂ©tique, Ă  vingt ans elle eut une vision dans laquelle elle reçut de JĂ©sus l’alliance du mariage mystique. Attentive Ă  tout ce qui se passait autour d’elle, aux Ă©vĂ©nements historiques qui bouleversaient le monde, elle identifia dans l’Église et dans la PapautĂ© en particulier le salut pour tous les chrĂ©tiens et tous les hommes. Ses lettres de rĂ©confort, de conseil et d’exhortation, adressĂ©es aux souverains, aux conducteurs et aux souverains, exercĂšrent un effet incroyable sur de nombreux Ă©vĂ©nements et controverses.

Sainte Jeanne d’Arc (1412-1431)

Jeanne revĂȘtit un rĂŽle fondamentale pendant la guerre de Cent ans et, en gĂ©nĂ©ral, dans le climat de profonde crise politique causĂ©e par le Schisme d’Occident et par les contrastes entre France et Angleterre.

Elle se prĂ©senta comme dĂ©fenseuse de sa terre, envoyĂ©e par Dieu, et conduisit l’armĂ©e française en bataille. Trahie par son propre roi et laissĂ©e entre les mains de l’ennemi, elle fut brĂ»lĂ©e sur le bĂ»cher comme hĂ©rĂ©tique. Son exemple, arrivĂ© jusqu’à nous, tĂ©moigne que l’amour pour son propre Pays peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une valeur chrĂ©tienne ; qu’il faut toujours lutter pour la vĂ©ritĂ© et non pas pour le pouvoir ; que combattre est un remĂšde extrĂȘme pour rĂ©soudre les disputes et mettre fin aux controverses.

Sainte ThĂ©rĂšse d’Avila (1515-1582)

Mystique et religieuse espagnole, elle fut une des protagonistes de la RĂ©forme catholique, Ă  laquelle elle apporta une profonde contribution grĂące Ă  ses Ă©crits. Elle fut Ă©galement la fondatrice de l’ordre des Carmes dĂ©chaux, des sƓurs et des frĂšres qui choisissaient de dĂ©dier toute leur vie Ă  la priĂšre, ou pour mieux dire de transformer leur propre vie en priĂšre.

Elle fut la premiĂšre femme reconnue comme Docteur de l’Église et elle a contribuĂ© Ă  la rĂ©novation de l’Église en soi, en offrant un nouveau modĂšle de charitĂ© et d’interprĂ©tation de l’Évangile, et d’un choix de vie religieuse faite d’austĂ©ritĂ© et de joie, de rigueur et de solitude, dans une union profonde entre vie mystique et vie apostolique. Son regard a toujours Ă©tĂ© attentif et orientĂ© vers les besoins de l’Église et ainsi elle prĂȘchait Ă  ses SƓurs.

Sainte Catherine de GĂȘnes (1447-1510)

Appartenant Ă  une noble et influente famille gĂ©noise, elle quitta tout suite Ă  une crise religieuse et voua son existence entiĂšre Ă  Christ crucifiĂ© en tant que manifestation de l’amour de Dieu. Elle poursuivit sa vie en tant que mystique et religieuse avec son mari et est reconnue pour sa misĂ©ricorde envers les pauvres et les malades. À travers les Ɠuvres de charitĂ© et de misĂ©ricorde adressĂ©es aux humbles, aux malheureux, aux parias, aux pestifĂ©rĂ©s, elle vĂ©cut l’expĂ©rience de l’Amour de Dieu avec un courage et une abnĂ©gation absolus.

Sainte AngÚle Mérici  (1474-1540)

Fondatrice de la Compagnie de Sainte Ursule, dont les sƓurs sont connues sous le nom d’Ursulines, la premiĂšre congrĂ©gation laĂŻque fĂ©minine au sein de l’Église, Sainte AngĂšle s’inquiĂ©ta de donner une possibilitĂ© Ă  ces femmes qui, ne voulant ou ne pouvant pas se marier, ne sentaient pas spĂ©cialement l’envie d’entrer au monastĂšre. Elle crĂ©a ainsi les vierges consacrĂ©es dans le monde, qui vivaient hors de la protection du couvent, en famille ou Ă  la maison, en restant fidĂšles Ă  Christ, en conduisant une vie de pĂ©nitence et en se maintenant avec leur propre travail.

Saint Camille de Lellis (1550-1614)

Fondateur des Camilliens, Ordre de Clercs RĂ©guliers des Infirmes, consacrĂ©s au soin des malade. AprĂšs avoir conduit une existence dissolue et sans but, il rencontra Saint Philippe NĂ©ri et murit la vocation Ă  l’assistance aux malades aprĂšs un long sĂ©jour Ă  l’HĂŽpital des Incurables Ă  Rome. Saint Camille dĂ©dia le restant de sa vie Ă  soigner et Ă  assister les infirmes et les malades. Ses frĂšres et lui vĂ©curent selon les vƓux de pauvretĂ©, chastetĂ© et obĂ©issance, auxquels ils ajoutĂšrent un quatriĂšme vƓux, celui de « perpĂ©tuelle assistance corporelle et spirituelle aux malades, mĂȘme si pestifĂ©rĂ©s ». Leur devise Ă©tait : le corps avant l’ñme, le corps pour l’ñme, l’un et l’autre pour Dieu. Le symbole de la croix rouge qu’ils portaient sur leurs habits devint ensuite le symbole du soin et de l’assistance au prochain.

Saint Vincent de Paul (1581-1660)

Presbytre français, il fut le fondateur de congrĂ©gations religieuses vouĂ©es aux Ɠuvres de charitĂ© et de misĂ©ricorde, comme la CongrĂ©gation de la Mission (Lazaristes), les Dames de la charitĂ© et la Compagnie des Filles de la charitĂ©.

Il identifia la vision de Christ pauvre parmi les pauvres et les derniers et il dédia sa vie et sa mission à leur rendre dignité et espoir, la possibilité de se relever de leur condition et de travailler.

Outre le service aux pauvres, Saint Vincent voua son existence Ă  l’évangĂ©lisation des campagnes. Dans les deux cas, il faisait en sorte de s’adresser aux gens de maniĂšre simple, claire, pour qu’ils puissent comprendre et il ne manquait jamais de prĂȘter attention Ă  leurs exigences matĂ©rielles. Un autre de ses objectifs fut la formation de prĂȘtres capables de tenir leur rĂŽle tant comme ambassadeurs de l’Évangile que comme un appui rĂ©el et pratique aux nĂ©cessiteux.

Saint Alphonse Marie de Liguori (1696-1787)

Saint Alphonse fut Ă©vĂȘque et fondateur de la CongrĂ©gation du TrĂšs Saint RĂ©dempteur. Homme intelligent et studieux, il poursuivit une carriĂšre d’avocat avec de brillants rĂ©sultats avant de se convertir et de dĂ©dier sa vie Ă  l’église. Il Ă©crit des Ɠuvres littĂ©raires et thĂ©ologiques et fut Ă©galement un compositeur de mĂ©lodies devenues cĂ©lĂšbres, comme le chant de NoĂ«l Tu scendi dalle stelle. ThĂ©ologien attentif Ă  la morale, mais aussi conscient des limites des hommes, il s’intĂ©ressa Ă  la cause des humbles, de ceux qui avaient Ă©tĂ© abandonnĂ©s par tout le monde. À l’activitĂ© caritative, il ajouta celle de formation des prĂȘtres et des catĂ©chistes, en diffusant avec son Ă©loquence simple et concrĂšte la nĂ©cessitĂ© d’alimenter l’Église, en la renouvelant Ă  partir de ses fondations afin de la ramener Ă  une dimension liĂ©e davantage Ă  Christ et davantage soumise Ă  la volontĂ© du PĂšre.

Saint Jean Bosco (1815-1888)

Religieux et pĂ©dagogue, Don Bosco dĂ©dia sa vie en particulier Ă  l’éducation et au soin des jeunes, surtout les plus dĂ©favorisĂ©s, en intervenant dans leur jeune Ăąge afin d’en faire des adultes conscients et pieux. Pour les Ă©duquer, il se servait de raison, religion et bontĂ©, lĂ  oĂč auparavant les seuls instruments pĂ©dagogiques considĂ©rĂ©s comme valables Ă©taient la rigueur et l’autoritĂ©. Une Ă©ducation basĂ©e sur l’amour, le respect, la joie, sur un modĂšle de vie Ă  fournir aux jeunes. ConsidĂ©rĂ© comme un « saint sociale », il fonda les congrĂ©gations des SalĂ©siens et des Filles de Marie-Auxiliatrice.

Charles de Foucauld
Tapisserie Charles de Foucauld 40×30 cm

Charles de Foucauld (1858-1916)

AprĂšs une existence de dĂ©bauche et aprĂšs avoir voyagĂ© en tant qu’explorateur au Maroc, Charles De Foucauld dĂ©couvrit sa vocation. Son message et sa mission dĂ©vinrent Ă  partir de ce moment-lĂ  l’amour universel, un concept de fraternitĂ© et de charitĂ© qui rĂ©unissait toutes les civilisations. Il se considĂšre comme « frĂšre de tous » et il vivait comme tel, en dispensant misĂ©ricorde, en diffusant un message d’amour et de tolĂ©rance parmi les nomades du dĂ©sert et partout oĂč ses voyages d’évangĂ©lisation l’amenĂšrent.

Sainte ThérÚse de Lisieux  (1873-1897)

Connue aussi avec le nom de Sainte ThĂ©rĂšse de l’Enfant-JĂ©sus, ThĂ©rĂšse Françoise Marie Martin fut une religieuse carmĂ©lite et une mystique. Sainte patronne des missionnaires et de France, elle fut la crĂ©atrice de la thĂ©ologie de la « petite voie ». ThĂ©rĂšse proposait la recherche de la saintetĂ© Ă  travers des petits gestes quotidiens, accomplis dans l’amour de Dieu. Son abnĂ©gation et son abandon total Ă  la volontĂ© du PĂšre furent sa façon d’ĂȘtre proche de JĂ©sus. En plus de la priĂšre, la foi et le silence, les privations, qui la conduisirent Ă  la maladie et Ă  la mort, ses instruments furent la solidaritĂ© et la charitĂ© envers le prochain.

Edith Stein, Sainte ThérÚse-Bénédicte de la Croix (1891-1942)

Sainte Patronne de l’Europe avec Catherine de Sienne, Brigitte de SuĂšde, BenoĂźt de Nursie et Cyrille et MĂ©thode, Edith Stein a Ă©tĂ© une religieuse, mais aussi une philosophe disciple de Husserl et une fĂ©ministe ante litteram. D’origine juive, elle fut une thĂ©ologienne et mystique et, en tant que religieuse carmĂ©lite, elle dĂ©dia sa vie Ă  Marie. Son martyr Ă  Auschwitz en a fait un personnage emblĂ©matique, symbole d’une Ă©poque d’horreurs, mais Ă©galement de profondes mutations spirituelles et philosophiques, dont elle a Ă©tĂ© protagoniste et partisane.

Padre Pio et l’ordre des Frùres Mineurs Capucins

Padre Pio et l’ordre des Frùres Mineurs Capucins

Qu’est-ce qui rend Padre Pio, connu aujourd’hui comme Saint Pio de Pietrelcina, un personnage si vĂ©nĂ©rĂ© et cĂ©lĂ©brĂ© dĂ©jĂ  pendant son existence et, pourtant, Ă©galement si controversĂ© ? La vĂ©nĂ©ration populaire dont il fait l’objet depuis les annĂ©es de sa jeunesse est probablement due Ă …

Padre Pio et sa priÚre préférée

Padre Pio et sa priÚre préférée

Padre Pio est une figure qui a Ă©tĂ© trĂšs controversĂ©e et longuement discutĂ©e dans l’Église catholique. MĂȘme aprĂšs sa canonisation, qui eut lieu le 16 juin 2002 par Pape Jean-Paul II, son nom a continuĂ© de partager l’opinion publique entre ceux qui reconnaissent sa saintetĂ©…

PrĂȘtre, frĂšre et moine : trois termes que l’on confond souvent

PrĂȘtre, frĂšre et moine : trois termes que l’on confond souvent

Nous avons souvent tendance Ă  confondre entre eux les termes prĂȘtre, moine et frĂšre.

Une confusion lĂ©gitime, puisque ces trois figures de religieux ont beaucoup de choses en commun et que souvent les diffĂ©rences qui les distinguent sont incertaines. Sans compter qu’un moine ou un frĂšre peuvent Ă©galement ĂȘtre aussi prĂȘtres, puisque le rĂŽle de prĂȘtre est dĂ©fini en effet par la possibilitĂ© ou pas d’accomplir le MystĂšre sacerdotal, c’est-Ă -dire d’ĂȘtre consacrĂ© pour devenir un ministre du culte et pour avoir la facultĂ© de donner les sacrements.

Mais voyons plus dans les détails ce qui différencie ces trois figures.

Le PrĂȘtre

Pour la religion chrĂ©tienne catholique, le PrĂȘtre est le ministre du culte, le guide spirituel consacrĂ© pour protĂ©ger le troupeau de JĂ©sus et le conduire au salut. Il s’agit donc de prĂȘtres, Ă©vĂȘques et de tous ceux qui, dans la hiĂ©rarchie clĂ©ricale, ont reçu l’appel, ont Ă©tĂ© consacrĂ© et ont choisi de mettre leurs existences au service de l’église. Le PrĂȘtre est celui qui peut cĂ©lĂ©brer la messe et donner les saints sacrements, mais il est avant tout une personne de rĂ©fĂ©rence, un guide en effet, comme recommandĂ© par JĂ©sus Ă  ses disciples. Le terme Sacerdoce, ancien synonyme de PrĂȘtre, dĂ©rive du mot latin sacer, « sacré », uni Ă  la racine indoeuropĂ©enne *dhē- « faire ». Dans l’antiquitĂ© donc, le Sacerdoce Ă©tait celui qui « fait les rites sacrĂ©s », qui offre des sacrifices aux divinitĂ©s, qui devient l’intermĂ©diaire entre Dieu et les hommes. Il s’agit d’un rĂŽle dĂ©jĂ  prĂ©sent dans toutes les anciennes civilisations et dans les religions du passĂ© avec des caractĂ©ristiques et des noms diffĂ©rents, comme PrĂȘtre prĂ©cisĂ©ment. Toutefois, en gĂ©nĂ©ral, il s’agissait d’un homme capable, par vocation et Ă©tudes, de prononcer les bons mots, les formules ou les priĂšres correctes pour parler avec Dieu et investi par Dieu de la facultĂ© d’offrir des sacrifices au nom du peuple.

Pour les juifs, le Grand-prĂȘtre Ă©tait le seul Ă  pouvoir entrer dans le Temple et s’occuper de l’Arche de l’Alliance. Il devait appartenir Ă  la tribu des LĂ©vites, qui ne possĂ©daient pas de terre, puisque leur demeure Ă©tait le Temple. Pour les juifs le PrĂȘtre Ă©tait donc aussi l’intermĂ©diaire entre Dieu et les hommes, comme pour toutes les autres principales religions du passĂ©. Cela changea avec l’arrivĂ©e de JĂ©sus. JĂ©sus, en mourant sur la croix pour le salut de tous les hommes, est devenu l’intermĂ©diaire entre eux et le PĂšre, en rendant superflue la figure du PrĂȘtre comme il Ă©tait conçu avant Lui. Le BaptĂȘme rend chacun de nous un PrĂȘtre, investi de la facultĂ© de parler avec Dieu, de s’adresser directement Ă  Lui. Il s’agit du sacerdoce commun, ainsi dĂ©fini pour le distinguer du sacerdoce ministĂ©riel, qui est celui avec lequel sont investis prĂȘtres, Ă©vĂȘques et ainsi de suite. Pour l’Église catholique, on peut en effet considĂ©rer comme PrĂȘtre (ministĂ©riel) celui qui a reçu le deuxiĂšme ou le troisiĂšme degrĂ© du sacrement de l’Ordre. Le Diacre n’est donc pas un PrĂȘtre, tandis que le presbytre (prĂȘtre) et l’évĂȘque le sont en tout et pour tout.

Mais si donc nous tous sommes prĂȘtres en vertu du BaptĂȘme, Ă  quoi servent-ils les prĂȘtres proprement dits, les curĂ©s, l’évĂȘque, le Pape ? Ils ont le rĂŽle que JĂ©sus donna Ă  ses disciples et Ă  ses apĂŽtres, de guides, de protecteurs, de bergers d’un troupeau. Le PrĂȘtre porte la Parole de Dieu parmi les fidĂšles, il l’explique et il l’interprĂšte dans ses passages les plus obscurs et, entre temps, il conseille et conforte, encourage et apaise, rĂ©primande quand nĂ©cessaire. Son rĂŽle se rapproche Ă  celui de JĂ©sus, chef de l’Église, Bon Pasteur, FrĂšre parmi les frĂšres.

Le Moine

La figure du Moine nait dans le premier Moyen Âge, quand la chute de l’Empire romain avait jetĂ© le continent europĂ©en dans une Ă©poque d’incertitude et de danger constant. La furie de barbares, la pertes des valeurs et des lois qui avaient rĂ©gi l’Empire le plus grand et le plus puissant jamais existĂ©, rendaient la vie des hommes et des femmes dramatique. Dans ce contexte, beaucoup cherchĂšrent rĂ©confort dans la foi, en choisissant d’embrasser un style de vie ascĂ©tique et solitaire, en abandonnant le monde pour vivre dans des grottes inhospitaliĂšres, ou dans de denses forĂȘts, ou dans des lieux inaccessibles, oĂč ils se dĂ©diaient exclusivement Ă  la priĂšre et Ă  la vie contemplative.

Ce choix extrĂȘme dĂ©rive de l’expĂ©rience des ascĂštes orientaux, qui cherchaient Ă  s’approcher davantage de Dieu et Ă  s’élever Ă  la saintetĂ© Ă  travers l’isolement total et une existence de pauvretĂ© et de mortification de la chair sous ses formes les plus extrĂȘmes. Pensons par exemple aux PĂšres du dĂ©serts, aux ermites, aux anachorĂštes, aux cĂ©nobites, qui se rĂ©unissaient par petits groupes et vivaient selon une rĂšgle commune, mais qui maintenaient Ă©galement l’isolement spirituel.

Le Moine du dĂ©but du Moyen Âge est donc celui qui vit seul, en priant, en souffrant et en expiant de cette maniĂšre les fautes du monde entier. Le terme Moine dĂ©rive en effet de monachos, formĂ© par monos (seul) et achos (douleur). Une vie vouĂ©e Ă  la souffrance donc, Ă  la pĂ©nitence comme instrument de rĂ©demption pour soi-mĂȘme, mais surtout pour les pĂ©cheurs du monde entier. Une connotation qui est restĂ©e liĂ©e au terme Moine, qui pour une bonne partie du Moyen Âge continue Ă  indiquer des hommes vivant seuls ou regroupĂ©s dans des couvents ou des monastĂšres, oĂč ils se dĂ©diaient exclusivement Ă  la priĂšre, Ă  la pĂ©nitence et Ă  la vie contemplative.

Entre le IV et le VIII siÚcle, toutefois, la conception du monachisme importée en Occident subira une évolution.

Saint Benoüt de Nursie, fondateur de l’ordre religieux le plus ancien d’Occident,

Saint BenoĂźt
Saint Benoßt coloré Val Gardena

les bĂ©nĂ©dictins, dĂ©buta son expĂ©rience religieuse en tant qu’ermite, en vivant trois ans en solitaire et en priant dans une grotte prĂšs de Subiaco. Ensuite, il mĂ»rit l’idĂ©e que ceux qui souhaitaient dĂ©dier leur vie Ă  Dieu pouvaient le faire en Ɠuvrant d’autres maniĂšres aussi. C’est Ă  lui que nous devons la conception du monachisme occidental tel que nous le connaissons aujourd’hui, en plus de la fondation de l’ordre bĂ©nĂ©dictin et de la Basilique de Mont-Cassin, premier exemple d’abbaye « moderne » mĂ©diĂ©vale. Les monastĂšres et les abbayes changĂšrent de visage. Dans ces lieux de travail et de priĂšres, les moines ne se dĂ©diĂšrent plus uniquement Ă  la contemplation et Ă  la lecture des Saintes Écritures, mais pratiquĂšrent Ă©galement la priĂšre communautaire et occupĂšrent leur temps avec le travail manuel, pour le bien du monastĂšre et de la communautĂ© religieuse. Du moment que souvent ces lieux de culte Ă©taient situĂ©s dans des zones impraticables et inaccessibles, il Ă©tait nĂ©cessaire que les moines apprennent Ă  produire tous seuls le nĂ©cessaire pour leur survie, non seulement de la nourriture et des boissons, mais aussi des mĂ©dicaments et des remĂšdes pour le soin du corps et pour l’hygiĂšne. Encore aujourd’hui, il y a des monastĂšres et des abbayes dans le monde entier qui offrent des produits rĂ©alisĂ©s par les moines ou produits en tout cas selon leurs recettes, transmises de siĂšcle en siĂšcle. Ces produits sont fort variĂ©s, en allant des confitures aux champignons sĂ©chĂ©s, de l’huile aux gĂąteaux typiques, du miel, des bonbons Ă  la crĂšme de chocolat Ă  tartiner, et encore les vins, les liqueurs, les digestifs et la biĂšre, qui souvent constituait le seul « nutriment » concĂ©dĂ© aux moines pendant les pĂ©riodes de jeĂ»ne et qui est encore renommĂ©e aujourd’hui (suffit-il de penser aux cĂ©lĂšbres biĂšres trappistes). Outre les produits alimentaires, l’ancienne tradition des moines a ramenĂ© jusqu’à nous des remĂšdes de santĂ© et de beautĂ©, des tisanes et des toniques, des crĂšmes et des compresses, des huiles essentielles et thĂ©rapeutiques, qui ont su conserver dans le temps une efficacitĂ© et une fascination immortelles.

Nous devons Ă©galement au travail des moines la conservation et la copie de textes anciens, que les mains habiles des copistes ont sauvĂ©s de l’usure du temps et que les artistes miniaturistes ont enrichis de splendides dĂ©corations que nous pouvons toujours admirer aujourd’hui.

Le FrĂšre

Saint François Assise
St. François statue bois

Le terme FrĂšre est Ă©galement d’origine mĂ©diĂ©vale et est liĂ© Ă  la profonde transformation qui traversa la vie religieuse vers la fin du Moyen Âge, aprĂšs la diffusion de la RĂšgle de Saint BenoĂźt, mais surtout avec la « rĂ©volution » de Saint François. Si grĂące Ă  l’exemple du Saint de Nursie les nouveaux religieux ne vivaient plus seuls et enfermĂ©s dans un endroit isolĂ©, en se limitant Ă  prier, mais ils se rĂ©unissaient dans des communautĂ©s actives et productives sur le plan spirituel, mais aussi sur le plan matĂ©riel, la naissance des Ordres mendiants, Ă  partir du XIII siĂšcle, vit les hommes de foi sortir des enceintes de leurs lieux de priĂšre pour descendre en rue et se mĂ©langer aux gens de la ville, aux pauvres, aux malades, en amenant leur rĂ©confort et leur aide. La naissance de cette nouvelle façon de vivre l’expĂ©rience religieuse est probablement due Ă  une rĂ©ponse de l’Église catholique aux mouvements des cathares et des vaudois, qui rencontraient de plus en plus de consensus en Italie et en France pendant cette mĂȘme pĂ©riode.

L’existence mĂȘme du FrĂšre est une tentative d’imiter l’expĂ©rience de JĂ©sus, en vivant en pauvretĂ©, chastetĂ© et obĂ©issance, les trois vƓux que les FrĂšres doivent embrasser, en vivant de l’aumĂŽne des autres et en offrant en Ă©change leur aide et leur priĂšre. La premiĂšre obligation qui Ă©tait imposĂ©e Ă  ceux qui souhaitaient devenir FrĂšre Ă©tait en effet le vƓux de pauvretĂ©, la renonciation Ă  toute propriĂ©tĂ©. MĂȘme les couvents oĂč les frĂšres se rĂ©unissaient ne possĂ©daient rien, en vivant uniquement grĂące Ă  la quĂȘte, la rĂ©colte de l’aumĂŽne et les offrandes que les fidĂšles leur concĂ©daient. Une vie simple donc, faite uniquement de pauvretĂ©, priĂšre et charitĂ©, exactement comme on pensait que la vie de JĂ©sus et de ses disciples avait Ă©tĂ©.

FrĂšre dĂ©rive du mot latin frater, « frĂšre », et c’est en tant que frĂšres que ces religieux vivaient, dans un climat de fraternitĂ© et de communion entre eux et avec les personnes qu’ils aidaient. Les FrĂšres Ă©taient caractĂ©risĂ©s, entre autre chose, par un style de vie trĂšs humble et pauvre et par des vĂȘtements modestes faits de robes simples et de sandales pour protĂ©ger leurs pieds.

La Neuvaine Ă  Saint BenoĂźt

La Neuvaine Ă  Saint BenoĂźt

Le 11 juillet c’est la fĂȘte de Saint BenoĂźt de Nursie. En rĂ©alitĂ©, cette date n’est qu’une parmi plusieurs jours dĂ©diĂ©s au Saint ombrien, fondateur de l’ordre des BĂ©nĂ©dictins et crĂ©ateur de ladite RĂšgle, qui influença la vie et l’expĂ©rience spirituelle de toutes les communautĂ©s…

Dix rĂšgles Ă  suivre quand on prie

Dix rĂšgles Ă  suivre quand on prie

Index1 Prier est bien plus que rĂ©citer des formules, rĂ©pĂ©ter des mots, entonner des litanies2 Prier est rencontrer Dieu PĂšre3 Prier est aussi Silence4 Être pauvre devant Dieu5 Prier n’est pas imaginer Dieu, mais communiquer avec Lui6 Prier est Ă©couter Dieu7 La priĂšre est se…

Liturgie des heures : un bref guide pour rĂ©citer l’Office Divin

Liturgie des heures : un bref guide pour rĂ©citer l’Office Divin

 

La Liturgie des Heures nait de l’exhortation de JĂ©sus Ă  prier toujours, tout au long de la journĂ©e, afin de sanctifier chaque instant et ne jamais arrĂȘter de glorifier Dieu PĂšre. C’est une façon pour le chrĂ©tien de vivre en communion avec Christ Ă  chaque instant de sa vie, en scandant les jours avec des moments de priĂšre qui peuvent avoir lieu Ă  l’Église ou simplement chez soi, ou oĂč il vous le soit possible et  pratique.

JĂ©sus s’est recommandĂ© : « Il faut prier toujours, et ne point se relĂącher » (Luc 18,1). L’Église obĂ©it Ă  ce prĂ©cepte, outre qu’avec les cĂ©lĂ©brations et l’Eucharistie, avec la Liturgie des Heures, en Ă©levant chaque jour des priĂšres et des louages Ă  Dieu Tout-Puissant. Cette ancienne tradition chrĂ©tienne sanctifie tout le cours de la journĂ©e et de la nuitĂ©e, en adaptant ses cycles Ă  ceux du temps quotidien et en faisant correspondre la cĂ©lĂ©bration des Heures Ă  leur vĂ©ritable temps au cours de la journĂ©e.

La Liturgie des Heures Ă©tablit un moment de dialogue entre Dieu et les hommes et la consĂ©quente sanctification de l’homme grĂące Ă  la parole salvatrice de Dieu  cĂ©lĂ©brĂ©e en elle. En effet, la Liturgie des Heures se compose fondamentalement de la lecture de la Parole de Dieu et de Psaumes diffĂ©rents selon les jours et l’heure.

Tous les contenus cĂ©lĂ©brĂ©s par cet Office dĂ©rive des Saintes Écritures : les lectures, les hymnes, les psaumes entonnĂ©s devant Dieu. Les priĂšres, les oraisons et les chants aussi sont d’inspiration biblique. L’Église prie et chante, en rĂ©unissant les fidĂšles dans une cĂ©lĂ©bration commune de foi et d’amour vers Dieu.

Outre louer et glorifier Dieu, la Liturgie de Heures est une supplication que les fidĂšles adressent au PĂšre Ă  travers le Fils, un moment dĂ©diĂ© aux vƓux, aux souhaits, aux espoirs de chacun et de la communautĂ© rĂ©unie qui prie afin de conjurer les soucis de l’existence et pour le salut de tout le monde. Comme Christ s’immola pour l’humanitĂ©, en faisant de sa vie et de sa mort une priĂšre vibrante Ă  Dieu, ainsi les chrĂ©tiens prient pour eux-mĂȘmes et pour tous leurs frĂšres, guidĂ©s par un cĂ©lĂ©brant qui devient le porte-parole et qui les conduit par la main vers cette rencontre quotidienne avec JĂ©sus.

Comment réciter la Liturgie des Heures

La priĂšre publique et commune est fondamentale dans la vie de chaque chrĂ©tien et de l’Église dans son entiĂšretĂ©. DĂ©jĂ  l’Église primitive exhortait Ă  la priĂšre privĂ©e et commune, Ă  des heures Ă©tablies. BientĂŽt se diffusa la coutume de cĂ©lĂ©brer les priĂšres communes Ă  des horaires spĂ©cifiques, comme la derniĂšre heure du jour, ou la premiĂšre heure, au lever du soleil. Les PĂšres de l’Église retrouvĂšrent dans les Actes des ApĂŽtres les rĂ©fĂ©rences Ă  de nombreux moments Ă  dĂ©dier Ă  la priĂšre. Avec le temps, toutes ces priĂšres communes, subdivisĂ©es au cours de la journĂ©e, furent mises en ordre et vinrent Ă  former la Liturgie des Heures ou Office divin, une priĂšre de louage et de supplication de l’Église avec Christ et Ă  Christ, enrichie de lecture bibliques, cantiques et hymnes.

La Liturgie des Heures alla Ă  la rencontre de l’exigence des moines mĂ©diĂ©vaux de se rĂ©unir pour prier ensemble, Ă  diffĂ©rents moments de la journĂ©e. En effet, elle peut ĂȘtre suivie de maniĂšre privĂ©e, domestique, personnelle ou bien comme moment de priĂšre communautaire.

La rĂ©forme de Saint BenoĂźt dĂ©crĂ©ta la rĂšgle Ă  appliquer Ă  cette coutume, en Ă©tablissant les diffĂ©rentes heures de la journĂ©e oĂč les moines devaient se retrouver pour prier ensemble et les modalitĂ©s pour le faire.

La structure imposĂ©e par la rĂ©forme, et valable en rĂ©alitĂ© encore aujourd’hui pour de nombreux ordres monastiques, contemplait six moments de priĂšre diurnes (les Laudes au lever du soleil, la Prime Ă  6h00, la Tierce Ă  9h00, la Sexte Ă  12h00, la None Ă  15h00 et les VĂȘpres au coucher du soleil), une priĂšre avant de se coucher (Complies) et trois moments de priĂšre nocturnes (les Vigiles) qui furent ensuite rĂ©unit dans les Matines.

L’usage de la Liturgie des Heures se diffusa rapidement Ă©galement en dehors des monastĂšres. Dans le Moyen Âge, commencĂšrent Ă  circuler des livres appelĂ©s BrĂ©viaires, qui contenaient les textes Ă  rĂ©citer aux diffĂ©rentes Heures.

Avec la rĂ©forme du Concile Vatican II, la pratique de la Liturgie des Heures a Ă©tĂ© simplifiĂ©e : la Prime a Ă©tĂ© Ă©liminĂ©e, les Matines sont devenus l’Office des Lectures et peut ĂȘtre rĂ©citĂ© Ă  n’importe quelle heure, les Heures Tierce, Sexte et None ont Ă©tĂ© unifiĂ©es dans l’Office du milieu du jour, avec la possibilitĂ© de choisir Ă  quelle heure le rĂ©citer.

Le Concile rĂ©duisit Ă©galement la structure de la Liturgie des Heures en subdivisant les 150 psaumes en un cycle de 4 semaines, dit Psautier, au lieu d’une seule semaine, et en en Ă©liminant certains particuliĂšrement violents pour langage et contenus. Le schĂ©ma des Complies est par contre organisĂ© sur une seule semaine.

Toujours le Concile Vatican II a dĂ©crĂ©tĂ© que, tandis que les presbytres et les Ă©vĂȘques doivent pratiquer la cĂ©lĂ©bration de la Liturgie des Heures dans sa forme intĂ©grale et les Ă©vĂȘques et les diacres doivent rĂ©citer les trois Heures majeurs, les fidĂšles aussi sont tenus Ă  cĂ©lĂ©brer chaque jour au moins les Heures canoniques, i.e. les Matines au dĂ©but de la journĂ©e et les VĂȘpres au coucher du soleil. Pour les ministres sacrĂ©s cĂ©lĂ©brer la Liturgie des Heures est une obligation personnelle, mĂȘme s’ils sont seuls. Leur devoir est de maintenir vif et constant l’engagement de l’Église de prier chaque jour, incessamment. L’évĂȘque tient lieu de Christ, en tant que prĂȘtre suprĂȘme et pasteur pour tout le troupeau. La vie spirituelle des fidĂšles dĂ©pend de lui, et il doit donc ĂȘtre le premier dans la priĂšre, mĂȘme quand il est seul. Quand il cĂ©lĂšbre la Liturgie des Heures pour la communautĂ©, il le fait au nom de toute l’Église, tout comme les prĂȘtres le font pour invoquer la protection de Dieu sur tous les fidĂšles qui leur ont Ă©tĂ© confiĂ©s. Cette tĂąche est trĂšs importante pour les prĂȘtre, auxquels il est permis de nĂ©gliger les Heures uniquement dans des cas d’empĂȘchement graves.

Nous pouvons donc résumer schématiquement la Liturgie des Heures de cette maniÚre, en la divisant entre Heures canoniques et Heures mineurs :

Office des Lectures (une des Heures mineurs, qui autrefois s’appelait Matines, et qui peut ĂȘtre cĂ©lĂ©brĂ© Ă  n’importe quelle heure)

Louange du matin (une des Heures canoniques, célébrée au début de la journée)

Milieu du jour (une des Heures mineurs, autrefois subdivisée en Tierce à 9h00, Sexte à 12h00 et None à 15h00)

VĂȘpres (la deuxiĂšme des Heures canonique, Ă  rĂ©citer au coucher du soleil ou avant le dĂźner)

Complies (une des Heures mineurs, les priĂšres Ă  rĂ©citer avant d’aller coucher).

Le Rite ambrosien et le Rite roman

Le Rite ambrosien et le Rite roman dans le temps se sont différenciés dans la célébration de la Liturgie des Heures.

Dans le Rite roman les différentes heures représentent de nombreuses priÚres et éléments en commun.

Que la journĂ©e commence avec l’Office des Lectures ou avec les Louages du matin, on rĂ©cite un psaume invitatoire avec son antienne qui se rĂ©pĂšte Ă  chaque entier.

Ensuite, chaque Heure tout au long de la journĂ©e s’ouvre avec le verset « Sauve-moi, ĂŽ Dieu » du psaume 69, suivi par le Gloire.

Suit un hymne et trois psaumes ou un psaume unique divisĂ© en trois parties, chacune prĂ©cĂ©dĂ©e par une antienne. Les psaumes changent selon l’Heure qu’on est en train de cĂ©lĂ©brer : dans les Louages du Matin le deuxiĂšme psaume est remplacĂ© par un cantique de l’Ancien Testament ; dans les VĂȘpres le troisiĂšme psaume est un cantique du Nouveau Testament ; dans l’Office des Lectures le psaume est un seul, mais long et divisĂ© en trois parties ; dans le Milieu du jour est prĂ©vue une section alphabĂ©tique du Psaume 118 et les psaumes de procession ; dans les Complies il n’y a qu’un seul psaume, Ă  l’exception du samedi et du mercredi, qui en prĂ©voient deux.

Ensuite on entonne une lecture biblique brÚve ou longue avec son répons.

Les Louages et les VĂȘpres prĂ©voient Ă©galement un cantique tirĂ© de l’Évangile : le Benedictus ou Cantique de Zacharie pour les Louages ; le Magnificat ou Cantique de la Vierge Marie pour  les VĂȘpres.

Les Complies contiennent également le Nunc dimittis ou Cantique de Siméon, introduit et suivi par son antienne.

AprĂšs les Louages, on prononce les Invocations, aprĂšs les VĂȘpres les Intercessions, suivies par un Notre PĂšre.

Une oraison finale conclut chaque heure.

Le Rite ambrosien prĂ©sente un balayage plus diversifiĂ© et prĂ©voit diffĂ©rentes exceptions et cĂ©lĂ©brations particuliĂšres lors d’une festivitĂ© comme l’Avent, NoĂ«l, CarĂȘme, PĂąques.

L’Office des lectures s’ouvre Ă©galement avec le verset « Sauve-moi, ĂŽ Dieu », tirĂ© du psaume 69, suivi par le Gloire, auquel suivent un hymne et le Cantique des trois enfants du Livre de Daniel ; on entonne donc une Psalmodie composĂ©e de trois psaumes du lundi au vendredi, d’un cantique et de deux psaumes le samedi et de trois cantiques le dimanche ; deux lectures sont donc prĂ©vues, une biblique et une patristique ou hagiographie ; l’Heure se conclut avec l’oraison propre au jour et avec l’acclamation : « BĂ©nissons le Seigneur » – « Rendons grĂące Ă  Dieu », Ă  moins que les Louages ne suivent pas tout de suite.

Les Louages du matin aussi, Ă  moins qu’ils ne soient pas rĂ©citĂ©s tout de suite aprĂšs l’Office des Lectures, s’ouvrent avec le verset d’introduction ; ensuite, on entonne l’antienne pertinente et le Benedictus, suivi par la premiĂšre oraison ; la Psalmodie se compose d’un cantique de l’Ancien Testament avec l’antienne respective, de deux psaumes de louage avec antienne et d’un psaume matinal rĂ©citĂ© debout ; suit la deuxiĂšme oraison et donc un hymne ; en guise de conclusion des Louages, on rĂ©cite les Acclamations Ă  Christ Seigneur, suivies par le Notre PĂšre.

Le Milieu du jour (Tierce – sexte – none) est saluĂ© par l’habituel verset d’introduction, suivi par un hymne adaptĂ© Ă  l’heure choisie pour la priĂšre ; suit une psalmodie formĂ©e par trois psaumes ou parties de psaumes ; ensuite on passe Ă  une Lecture brĂšve et Ă  un RĂ©pons bref ; la cĂ©lĂ©bration de l’Heure se conclut avec une Oraison et une Acclamation.

Les VĂȘpres s’ouvrent avec le Lucernaire « Le Seigneur soit avec vous » – « Et avec votre Esprit » dans les cĂ©lĂ©brations communes, ou « Seigneur entend ma priĂšre » – « Que mon cri parvienne jusqu’à toi » dans les cĂ©lĂ©brations privĂ©es ; on rĂ©cite l’hymne, accompagnĂ© parfois d’un Ă©pisode de la vie du saint du jour ; la psalmodie prĂ©voit deux psaumes ou parties de psaumes avec antienne pour le dimanche, les fĂ©ries et les mĂ©moires, un psaume suivi par les psaumes 133 et 116 dans les solennitĂ©s et les fĂȘtes, avec la doxologie finale (Gloire au PĂšre) ; on rĂ©cite donc la premiĂšre oraison suivie par le Cantique du Magnificat, exceptĂ© le vendredi de CarĂȘme et pendant les fĂ©ries de la Semaine Sainte ; on rĂ©cite donc la deuxiĂšme oraison suivie par la CommĂ©moration du BaptĂȘme, qui consiste Ă  rĂ©citer un cantique du Nouveau Testament ; Ă  l’occasion de fĂȘtes particuliĂšres dĂ©diĂ©es aux saints, on rĂ©cite une antienne spĂ©cifique en l’honneur du saint ; l’Heure se conclut avec les intercessions, le Notre PĂšre et la formule finale, qui varie en fonction si la cĂ©lĂ©bration est publique ou privĂ©e.

Les Complies s’ouvrent avec le mĂȘme verset d’introduction, prĂ©cĂ©dĂ© par « Convertis-nous, Dieu, notre salut » – « Et dĂ©tourne ta colĂšre de nous » ; suivent l’hymne et la psalmodie et ensuite la Lecture brĂšve et son RĂ©pons ; on entonne donc le Cantique Ă©vangĂ©lique Nunc dimittis avec son antienne ; en conclusion, on rĂ©cite une oraison et une des Antiennes Ă  la Sainte Vierge ; aprĂšs les Complies, un examen de conscience est prĂ©vu ; s’il s’agit d’une cĂ©lĂ©bration communautaire, le cĂ©lĂ©brant conclura en disant : « Reposons en paix » – « Nous veillerons avec le Christ ».